Avec mon skipper apprenti, Christopher, nous achevons notre parcours de qualification pour la Transat Jacques Vabre en double qui s’élancera à la fin de l’année. C’est la première fois que nous nous retrouvons ensemble et seul sur une longue période en navigation. Un test grandeur nature avec un parcours de La Rochelle vers Toulon, soit plus de 3500 km.

Pour cette première Christopher a été gâté… vent dans le nez et donc bateau « penché » sur les trois quarts du parcours, avec en prime au Cap Finistère une belle petite dépression bien creuse et active … une petite tempête. Ensuite une belle descente rapide avec une mer forte le long du Portugal et un passage du Cap Vincent par un temps apaisé, là commence la traversée de la baie de Cadix et de Trafalgar – au nom évocateur de grands faits maritimes- direction Gibraltar. Ce détroit qui sépare les deux continents/géants que sont l’Europe et l’Afrique, détroit chargé d’histoire et de présent… Nous allons y naviguer –pour changer- contre les vents, un bord en Espagne, un bord au Maroc, un bord en Espagne, un bord au Maroc, etc… Navigation a raser les montagnes du Maghreb et le rocher de Gibraltar qui tombent dans la mer, mais surtout en traversant une armada géante de cargo ; c’est le passage de navigation le plus fréquenté au monde avec le Bosphore et l’entrée en Manche à Ouessant.

Depuis Gibraltar, avec Christopher nous remontons vers Cartagèna à la rencontre de salariés de DCNS, puis nous continuerons notre route vers le centre DCNS de Toulon ; avec un crochet vers Saint Tropez pour participer à la course de la Giraglia en équipage.

Nous voilà donc à pied d’œuvre en med’ pour deux mois avant de prendre part à la course « European Pro Tour » au départ d’Istanbul fin aout. Etre ici avec un 60 pieds est une première pour moi, et j’en rêvais depuis longtemps, rêve de venir sur un bateau de grandes courses au large naviguer dans cette mer unique ! Cette qualification, a donc été l’occasion de distiller un grand nombre d’enseignements vers Christopher ; car rien ne remplace le terrain. Je l’ai ainsi vu évoluer dans toutes les situations que ce soit en manÅ“uvre, vie à bord, et entretien du bord et tout cela permet de clore un semestre très très riche en informations. Pour le moment je ne vous en dirais pas plus, c’est prématuré.

La prochaine étape –le second semestre- sera celle des courses, avec tout d’abord celle en équipage : l’Europan Pro Tour, suivi de la Transat en double Jacques Vabre. A l’issue de ces deux courses, Christopher aura fait en 11 mois un tour d’horizon géant du monde de la course au large « version » 60 pieds. C’est seulement à la fin de l’année, que je pourrais me faire une vraie idée des capacités de Christopher en vue de la Route du Rhum 2010. Mon information sera alors très complète. D’ici là, travail, travail et patience pour tout le monde !

Pour ce qui est du DCNS, il est tout simplement 'prêt', voilà un an tout juste qu’il a été mis à l’eau et nous avons maintenant un bateau abouti ; les confrontations avec les autres bateaux vont pouvoir commencer.

Pour ma part, outre ma fierté de former un jeune espoir de la voile et d’être le parrain de l’ensemble des apprentis, je reste dans l’optique de rendre fier les salariés du programme des filières du talent DCNS et du bateau portant leur nom et leur histoire avec la mer. Recevez mes pensées du large ainsi que celles de Christopher.

Marc Thiercelin